Trafic de drogue, faux médicaments, faux billets de banque : Le Sénégal, un pays en danger

Alors que les Sénégalais n’avaient pas encore fini d’épiloguer sur l’affaire des 798 kg de cocaïne, saisis au Port de Dakar, pour laquelle, il avait été fait cas d’un manque de 80 kg, revoilà une autre affaire de faux billets impliquant un député de la 13ème Législature, de surcroit, membre du parti au pouvoir, qui défraye la chronique. Mais au-delà de ces rocambolesques cas, qui ne se souvient pas de la grâce présidentielle accordée au trafiquant de faux médicaments saisis à Touba, Mamadou Oury Diallo ? Autant de dossiers graves, qui suscitent inquiétudes et interrogations sur ce qu’on pourrait qualifier de déliquescence de l’Etat et qui mettrait en danger le pays dont l’émergence est chantée à longueur de journée par les tenants du pouvoir.

Un député, de surcroit du parti au pouvoir l’Alliance pour la République (Apr), cité dans une affaire de faux billets. L’information a fait tomber des nuées beaucoup de sénégalais qui n’en croyaient pas leurs yeux. En un temps record, l’affaire a fait le tour de la toile. Certains se demandaient comment ceux qui sont sensés voter les lois peuvent être soupçonnés dans une affaire de faux billets, à plus forte raison pris en flagrant délit dans un tel «crime financier»? Ça se passe pourtant au Sénégal. Le comble, le mis en cause, à savoir, le député Seydina Fall alias «Boughazelli», pour ne pas le nommer, a pu bénéficier d’une «surprenante» libération sur convocation le soir même de son interpellation. La suite, tout le monde la connait. Le mis en cause dans ladite affaire se fera désirer, durant 5 jours, à la Section de recherche (Sr) de la gendarmerie, sans être inquiété. Bien que lâché par son immunité parlementaire qui ne le protégeait pas, selon les dispositions de l’article L.52 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le désormais ex-député démissionne de l’hémicycle.

UNE AFFAIRE DE FAUX BILLETS QUI DONNE DU TOURNIS

Cette affaire donne du tournis aux observateurs de la scène politico-judiciaire sénégalaise, au vu des précédents connus dans le même pays. Qui ne se souvient pas de l’arrestation et l’emprisonnement du chanteur Thione Ballago Seck poursuivi pour détention de fausses devises, de blanchiment d’argent, de tentative d’escroquerie et d’association de malfaiteurs, puis libéré au bénéficié de l’application de l’article 55 du code de procédure pénale ?

Que dire de l’arrestation «spectaculaire» de l’ancien ministre d’l’Intérieur, Ousmane Ngom à Kolda, dans son hôtel, en pleine campagne électorale pour les Législatives de juillet 2012, pour avoir refusé de déférer à une convocation dans le cadre de la traque des biens mal acquis ?

“DES AUTORITES DU PAYS DERRIERE LE TRAFIC DE DROGUE”

Des affaires aussi rocambolesques voire surréalistes, sont en passe de faire légion de nos jours dans notre pays. Le cas du «vol» de cocaïne au Port autonome de Dakar, suite à la saisie de 798 kilogramme (Kg) dans des voitures neuves, dans la nuit du 25 au 26 juin dernier, en un, une parfaite illustration. Des sources informent que 80 kg manquaient sur cette drogue saisie. Selon le quotidien Libération, les trois suspects arrêtés et inculpés pour «association de malfaiteurs» en vue d’un trafic international de drogue, seraient des seconds couteaux. Les vrais auteurs du vol sont jusqu’à présent introuvables.

Autant de faits qui poussent certains experts à coller au Sénégal l’étiquette très peu enviable de «plaque tournante» de transit et de consommation de stupéfiants venant d’Amérique latine. Ce, à la lumière de l’actualité de ces derniers mois fortement marquée par des saisies record de cocaïne. Rien que le 29 octobre dernier, les Douanes sénégalaises avaient saisi 43 plaquettes de cocaïne d’un kg dans un véhicule de Marque KIA SORENTO au parc de Dakar Terminal, appelé «Parc Maguèye».  Le dit véhicule, en provenance d’Anvers (Belgique) était manifesté en transit à destination de la Gambie. Des saisies inédites qui se font dans un contexte marqué par la sortie aux vitrioles du tonitruant député de Touba, Moustapha Cissé Lo, qui crie sous tous les toits, qu’il connait «des autorités du pays qui seraient derrière le trafic de drogue», blanchi dans l’immobilier.  Sans se faire entendre par le procureur de la République pour procéder au déballage. Le scandale «Air cocaïne», du nom de l’affaire du Boeing 727 bourré de drogue qui, en 2009, avait atterri dans le nord du Mali, reste encore fraiche dans nos mémoires. Dans cette affaire, il avait été fait cas de «pressions pour obtenir la libération des deux principaux suspects».

INERTIE DES AUTORITÉS FACE AUX «VENDEURS DE LA MORT»

Une autre affaire, et pas des moindres, avait tenu en haleine le milieu de la santé, plus précisément le secteur pharmaceutique au Sénégal. La libération par grâce présidentielle de Mamadou Oury Diallo, condamné dans l’affaire du trafic des faux médicaments de Touba Bélél, avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le cri de cœur de l’ordre des pharmaciens du Sénégal, qui avait demandé la fermeture de plus de 300 dépôts illégaux à Touba et à “Keur Sérigne Bi“ où on s’adonne aussi à vu et su de tout le monde, à la vente illicite de médicaments, est resté vain. Les chiffres qui font froid au dos livrés par l’Organisation mondiale de la santé (Oms), qui estime que chaque année, 800.000 personnes meurent dans le monde à cause des faux médicaments, n’y feront rien non plus.

Une inertie des autorités qui inquiète les populations, dans un contexte marqué par la «maladie chronique» des hôpitaux du pays. L’évacuation du chef du service de la médecine interne de l’hôpital Aristide Le Dantec, le professeur Abdoulaye Pouye, en est une illustration parfaite. Par conséquent, comment ne pas s’alarmer quand ceux qui sont sensés soigner les populations sont évacués pour des soins médicaux ?

Pourtant, cela ne semble pas choquer les tenants du régime. Pourtant, c’est à l’Etat d’organiser, d’encadrer et de faire en sorte  que le médicament soit l’apanage du pharmacien. Mais, hélas, il peine malheureusement à faire appliquer sa réglementation. Pendant ce temps, le régime en place envisage d’adopter un projet de loi relatif à la lutte contre l’insalubrité et l’encombrement, lequel prévoit de fortes amendes en plus de peines d’emprisonnement contre les laveurs de véhicules non autorisés et les «pisseurs» sur la voie publique. Cela, au moment où des criminels à col blanc vaquent librement à leurs occupations.

Ce cocktail de contrefaçon de billets de banque, de trafic de stupéfiants, sans oublier de médicaments contrefaits, qui n’est pas sans conséquence sur l’économie du pays et sur la santé des populations, risque de plomber à jamais cette émergence tant chantée et théorisée par le régime actuel….

Source : Sud Quotidien

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