Lettre ouverte aux citoyens de Ndoumbélane

Dans quelques mois, les Sénégalais, les citoyens sénégalais écriront quelques lignes décisives de plus de la consistante histoire politique sénégalaise.

Quelques lignes qui engageront pour un quinquennat donné leur destinée, notre destinée. Elles iront au-delà de celui-ci car les décisions qui seront prises impacteront sur la vie des habitants de Ndoumbélane, sur les générations actuelles et futures. Nul besoin d’être spécialiste avéré en Analyse des politiques publiques pour le savoir, pour savoir qu’une politique publique produit en général des effets sur le très long terme.

Ce que nous vivons aujourd’hui est en grande partie la résultante des décisions prises bien avant nous et dont, potentiellement, les auteurs ignoraient les effets.

Fort de ce constat, il est de la responsabilité directe ou indirecte, inconsciente ou réfléchie, individuelle ou collective de chacun de nous d’œuvrer pour un « bon choix politique » à l’occasion de la prochaine élection présidentielle.

Mon propos ne s’inscrit point dans une logique injonctive. Ce serait d’ailleurs narcissique pour celui qui connaît l’auteur de ces mots ; jeune étudiant, petit chercheur qui se cherche, politiste pas encore confirmé, aucune prouesse qui légitimerait cela alors…. Mais comme tout sénégalais, nous pensons avoir au moins notre opinion sur la marche du pays et nous ne sommes guère interdits de la partager si, si, la Constitution n’a pas été décousue à notre insu comme il en est de coutume sous « Gondwana ».

L’élection présidentielle approche avec grands pas. C’est un truisme de l’évoquer ! Mais, la question c’est plutôt pourquoi l’évoquer !?

Où en sommes nous, nous autres sénégalais sur notre campagne électorale, celle de participer à l’éveil des consciences, celle de participer modestement à essayer d’éclairer le choix des électeurs qui n’auraient pas l’esprit de discernement ( sans aucune dose péjorative sous entendue) , la capacité à défricher les programmes politiques, la lecture des offres si d’ailleurs programmes politiques, offres, il y’en a ! Car Ndoumbélane est habitué à être berné et bercé par des concepts élogieux, séducteurs, enjolivés mais paradoxalement tout de même vides. C’est de ce labyrinthe qu’il convient de sortir , du moins d’œuvrer farouchement pour qu’on en sorte à moins d’accepter de demeurer éternellement dans ce ciel sombre ou les nuages ténébreux s’amoncellent de plus de plus.

Pas besoin de lire Perrineaux et Mayet pour savoir que la participation politique est multiple et multiforme. Nos comportements de tous les jours le prouvent même si nous en sommes peut-être pas pleinement conscient.

Entendre un jeune dire ou tout simplement un citoyen dire «  je suis apolitique est une catastrophe » pour reprendre en filigrane Cheikh Ahmadou Bamba Ndiaye, jeune étudiant à  Sciences Po Paris.

Comment  un citoyen peut-il se désintéresser de l’objet politique, du politique, de la politique, des politiques publiques, bref, du phénomène politique. C’est pour dire qu’on a beau prétendre être apolitique et l’affirmer avec assurance mais nul besoin de convoquer cette expression aristolicienne désormais célèbre ou encore se promener sur « les républiques » pour se rendre compte de l’évidence que « l’homme est un animal politique »

Mélenchon n’a-t-il pas raison d’avoir dit en substance «  Engagez vous dans la politique ou la politique vous engage » ?

Joe Biden n’a-t-il pas raison, même si, avec provocation, d’avoir soutenu que « c’est se moquer de soi-même que de dire qu’on est apolitique».

Comment peut-on se désintéresser d’une chose qui détermine fondamentalement notre vie, du moins les canevas, les paramètres qui permettraient un « épanouissement » dans celle-ci ?

Qui gère notre eau ? Qui gère notre électricité ? Qui gère les conditions de formation de ceux qui assurent notre sécurité ? Qui gère notre santé ? Qui gère notre justice ? Pour la dernière, ce ne sont pas des politiques évidemment.

Mais qui nomme les membres du Conseil constitutionnel, par exemple ? Qui se trouve au sommet de la pyramide de Hans Kelsen ? Qui a le dernier mot sur le verdict à l’issue d’une élection présidentielle. Indirectement, on voit que la nuance n’est pas si tranchée et que les frontières sont poreuses à l’aune des implications. Qui nomme  les hauts fonctionnaires de l’État, civils, militaires ? Qui se charge de la proposition, de la mise en œuvre, de l’EXECUTION des politiques publiques ?

Comment peut-on se désintéresser de tout ça, des acteurs qui en sont impliqués, des modalités qui permettent le choix de ses acteurs, bref de tout ?

Non ! Nous n’avons pas le choix. NOUS SOMMES TOUS POLITIQUES et la voie la mieux indiquée s’il nous est permis de parler ainsi car ces mots peuvent sembler être teintés de prétention mais, loin de là ; Nous disions que la voie la mieux indiquée c’est d’agir dans le sens de changer positivement les choses, de faire sa part.

Jean Piaget disait en substance : «  le savoir ne consiste pas à copier le réel mais à agir sur lui et à le changer »

C’est pour dire que nous nous dirigeons vers un quinquennat décisif. Et, c’est un danger de laisser la politique aux seuls politiciens. Elle est trop sensible pour être laissée à eux seuls. Ne minimisons pas ce que nous pouvons faire.

Dans nos familles, dans nos quartiers, dans nos villages, dans nos villes, que ce soit à Rome, à Budapest, à Toulon, à Ndiongui, à Hong Kong, à Toulouse, à Memphis à Kanel, ou encore à Bélél Kele , allons à la rencontre des citoyens électeurs pour les sensibiliser sur les enjeux électoraux, sur la sacralité du vote.

Disons-leur, par exemple, « voici ce que propose tel candidat, voici ce que propose tel autre, et s’il y’a lieu disons-leur que Massamba, lui, n’a même pas de projet politique, que Makhoudia avait promis telle chose mais voici la réalité, entre autres.

C’est une campagne électorale politico-citoyenne, civilo-civique qu’il s’agit de mener partout, même sur les réseaux sociaux car le dépositaire actuel du pouvoir aurait dit poétiquement d’une façon plus « vervée » que l’aurait fait le poète-président auteur des beaux vers de « femme noire » que «  la magie du clic fera face au fric, aux flics, … » quelque chose comme ça.

Par conséquent le chemin est balisé. Il ne reste qu’ à aiguiser les outils.

Participons tous, à la hauteur de nos potentialités, à l’épaisseur de nos moyens à éclairer le choix des électeurs car ce combat en est un autre concomitamment contre la « corruption politique », l’entretien des clientèles politiques, le vote déterministe entre autres.

C’est regrettable de constater que les travaux de l’école de Colombia sur le vote font cours à Ndoumbélane. Pas besoin de lire Lazardsfeld pour s’en rendre compte encore moins de se promener sous le beau soleil de Rives Darcins pour espérer rencontrer le Professeur Daniel Bourmaud et engager un débat avec lui sur cette question. Ceci se vérifie dans la géographie politique de Ndoumbélane.

Récapitulatif. !

Mon propos ici est une simple suggestion pour inviter tous les citoyens sénégalais à qui il reste encore une once d’espérance, des bribes d’optimisme quelques germes de la fibre patriotique, du sens de la responsabilité, où qu’ils soient dans le monde à œuvrer pour des « choix réfléchis, un vote rationnel à l’occasion de la prochaine échéance et celles futures car le quinquennat vers lequel nous nous dirigeons est décisif, ses odeurs qui caressent nos narines sont d’un goût aux saveurs inédits.

A l’épreuve du bilan, nous serons tous comptables !

Pour un Sénégal épanoui où chaque citoyen vivrait à la hauteur de sa dignité.

 

Amadou Tidiane THIELLO

Master 2 Science Politique, Public Policy Analysis, Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Chercheur à Bordeaux IV Montesquieu

thiellotidjane@gmail.com

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