L’ancien conseiller en communication de Me Wade, Momar Thiam, explique le silence d’Idrissa Seck

L’ancien Premier ministre sénégalais Idrissa Seck. © AFP/George Gobet

Invité de l’émission Jury du dimanche sur Iradio (90.3), l’expert en communication politique et directeur de l’école des hautes études en information et communication (Heic) en a profité pour répondre à ceux qui s’interrogent sur la stratégie du silence adoptée par Idrissa Seck face au pouvoir en place.

Reconnaissant d’abord qu’« Idrissa Seck est un homme politique brillant », Momar Thiam estime qu’« en terme de communication politique, aujourd’hui dans le landerneau politique, Idrissa Seck fait partie des meilleurs. Vous beau être contre lui, il ne vous laisse pas indifférent quand il s’exprime. Il a cette faculté d’amener son auditoire à l’écouter, à comprendre mais, pas à le rejeter. »

L’ancien consul général du Sénégal à Bordeaux poursuit : « Je ne suis pas toujours d’accord quand les gens s’inquiètent du silence d’Idrissa Seck. En communication, le silence est aussi un message. Même un père de famille, dans une maison, quand il y a quelque chose qu’il n’aime pas, soit il le dit soit il observe un silence jusqu’à trouver le moment ou le contexte qu’il faut pour s’exprimer sur la question. Je pense qu’Idrissa Seck est dans ce registre-là. Il est d’autant plus dans ce registre-là qu’en terme de communication politique, il faut prendre le temps de l’observation, de l’analyse et du diagnostic ; c’est un peu comme un médecin qui, quand vous venez le voir et que vous lui dites que vous avez mal à la tête, il commence par vous diagnostiquer et non pas à vous donner tout suite des médicaments ; après le diagnostic, il établit des paramètres et vous fait une ordonnance. En terme de communication, l’ordonnance c’est le plan de communication, la stratégie c’est la posologie c’est-à-dire comment vous prenez les médicaments. Idrissa Seck est dans ce registre-là ; il observe un silence qui est teinté d’observation, d’analyse et de diagnostic ; raison pour laquelle quand il doit venir parler, il est écouté, il est attendu parce qu’en optant pour la parole rare, il crée le besoin. La preuve, il a suffi qu’on dise qu’il va parler samedi que toutes les rédactions sont en éveil et n’attendent que sa parole et ça, il le sait ».

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