Bougane Gueye Dany : Un peuple abusé, les politiciens tous pareils !

Autant Macky Sall a eu l’outrecuidance de voter sans carte nationale d’identité, autant il a su trahir sans conséquence aucune « ses » camarades de l’opposition d’alors pour sillonner le pays en 2012, battre campagne et s’emparer de la palme pendant que les adversaires de Wade inhalaient les grenades lacrymogènes de son néo protégé d’aujourd’hui, le ministre de l’intérieur d’alors, Me Ousmane Ngom. Ces faits étaient les signes avant-coureurs du comportement d’un stratège machiavélique et futé aujourd’hui candidat à sa propre succession. En six années de règne, Maky a déroulé sans tambour ni trompette son plan de conservation du pouvoir. Que de choses se sont passées sans que personne ne bronche. Rien que des marches réussies de l’opposition et des conférences de presse bien médiatisées. Hier, les jeunesses des partis de l’opposition ont pilonné leurs leaders de jets de pierres, au siège de Bokk Guiss Guiss, pour montrer leur désaccord face à la passivité contre les multiples agressions subies par notre démocratie sous Macky Sall.
Aujourd’hui, force est de reconnaître que les véritables alliés de Maky sont tapis dans l’opposition. Certains ne veulent pas frustrer le prince paradoxalement ils veulent rester digne. Bon la CREI n’est pas loin. D’autres lui souhaitent un second mandat pour mieux se repositionner en 2024 parce qu’il y’aura inéluctablement une redistribution des cartes. Donc, acceptons tout et faisons semblant de nous opposer, cinq ans ça passe vite. Telle semble être la consigne secrète d’opposants du zénith et collabos de la lune.
Pourtant Bougane a toujours été accusé, à tord d’ailleurs, de rouler pour Djimbory: « Pion maky Sall leu », claironnaient certains opposants dans leur salon et les cyber-militants le relayer machinalement sur la toile. Demain il fera jour !

Avec le parrainage, Maky a réussi à diviser l’opposition avec d’un coté les recalés et de l’autre ceux qui ont réussi à se faufiler entre les mailles des filets, parfois avec la complicité même des gouvernants. Pour faire face au monstre, les opposants adoptent une démarche unitaire hypocrite. Les admis, comme des vautours, attendent et courtisent les recalés espérant grossir leurs rangs pour conforter leur score au soir du 24 février.
Peine perdue, Maky est toujours dans sa logique de dispersion des forces réelles de l’opposition. Il a fini d’écarter ses adversaires sérieux avec un potentiel certain : le PDS, les khalifistes, Bokk Guiss Guiss, le Grand Parti et Gueum Sa Bopp en plus d’autres personnalités font au moins 50 % de l’électorat. Pourquoi ces recalés ayant réussi à bousculer Macky Sall dans ses fiefs devraient-ils rejoindre des opposants complices du système machiavélique de légitimation d’une victoire soporifique et illégitime.
Tous les candidats injustement recalés gagneraient à unir leurs forces et choisir un seul candidat. Cette logique unitaire des ajournés logés par Maky au banc de touche aura l’avantage de créer un tir groupé contre le locataire du palais et ses affidés pour enfin les battre.
Face à un bouc qui choisit ses émissaires et ses adversaires sur des aires de jeu minées, le calvaire des joueurs commence dans les vestiaires et c’est là, en l’absence d’arbitres corrompus, que les vrais adversaires doivent s’unir pour casser le glaive de leur bourreau.
Cette situation rappelle, l’histoire du lion et du gibier : chaque fois que le lion s’approche du troupeau, on n’ignore qui sera la proie mais ce qui est sûr, l’unique objectif du lion affamé qui s’est subitement réveillé, c’est d’attraper le gibier».
Maky a réussi à polariser l’attention des « opposants » sur le parrainage alors que les vraies questions tournent autour du fichier électoral, de la carte électorale taillée sur mesure par les services du ministre de l’intérieur et non moins membre de l’APR, des électeurs décrétés non électeur, des électeurs déplacés injustement à leur insu et enfin la rétention volontaire des cartes d’identité nationale de plusieurs citoyens sénégalais.
Macky est un joueur froid. Ses affidés sont des calculateurs obnubilés par leur gain quotidien. Certains opposants refusent de combattre. Ils se contentent de donner du temps au temps dans l’espoir de ramasser le pouvoir en 2024. Le peuple, conscient des manipulations d’une opposition « civilisée », rumine sa colère. Il refuse de servir de chair à canon à l’opposition puisque les 12 morts de 2012 ont servi une caste de politiciens subitement devenus des gras sahéliens de par leur richesse immense.
En m’engageant dans ce combat citoyen, je pensais à l’avenir de mon peuple, à ces enfants désireux de jouer leur partition au banquet mondial de demain mais avec une opposition complice et des leaders-collabos j’ai encore plus mal pour mon pays.

Bougane Gueye Dany
Président du mouvement Gueum Sa Bopp

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